La France va mal, à qui la faute ? Les réseaux sociaux et médias !

L’ère du digital, quelle belle époque ! En une fraction de seconde on peut partager une pensée, une idée, une photo, et pouvoir être vu à l’autre bout du monde. Révolutionnaire ! 

Réseaux sociaux, applications, blogs, médias, presse, radio, podcast, vidéos, photos… Nous vivons dans une époque d’abondance d’informations. Toujours connectés, un flux continu d’informations nous parvient tous les jours et ce d’une manière presque ininterrompue. Mais qui dit abondance d’informations ne veut absolument pas dire informations de qualité! A l’heure de l’information frisson, quels rôles jouent les médias et autres acteurs ? Sont-ils là pour prêcher la bonne parole ? Ou simplement pour attirer notre attention ? 

Le phénomène des “influenceurs”

Stars du XXIe siècle, les influenceurs sont devenus des incontournables des réseaux sociaux. Ils sont absolument partout et dans tous les domaines : maquillage, fitness, sport, informatique, voyages, photographie et bien évidemment la nutrition. Leurs chiffres d’audience, pour certains rivalisent presque avec ceux de certaines chaînes de télévision, rien que ça ! Et avec un très gros avantage: le lien direct avec l’audience. L’influenceur peut poster à n’importe quelle heure de la journée et peut répondre directement à son audience, créant ainsi un lien direct et puissant. 

Mais qui sont ces influenceurs ? D’où sortent-ils ? Que cherchent-ils ? 

Le problème avec les influenceurs est très simple: leur position de “pseudo-expert”. Toute la confiance d’un individu est parfois tournée vers une personne dont ne connaît pas le parcours professionnel et de formation. Iriez-vous voir un chirurgien qui n’a pas de diplôme en toute sérénité ? Je ne sais pas vous, mais certainement pas moi ! Et bien le problème est le même avec les influenceurs. Ils proposent des solutions miracles, vendent du rêve en affichant leur bonne humeur, leur bonne santé et leur physique parfait. 

ça a fonctionné sur moi, donc ça fonctionnera sur vous !

Malheureusement non, ce serait bien trop simple. Les influenceurs doivent prendre conscience du poids de leurs mots et de leurs actions sur une audience bien souvent très jeune et crédule. 

Le commerce de l’attention

Aujourd’hui, les sources d’informations ne manquent pas, au contraire, ça déborde. Alors les marques et acteurs se battent pour avoir ce qu’il y a de plus précieux : du temps. Aujourd’hui la question n’est plus de qui a la meilleure information en premier, mais de qui arrivera à captiver notre attention le plus longtemps. Titres sensationnels, témoignages chocs, invitation d’invités prestigieux, enquêtes dignes des plus grands films d’espionnage. Tout est bon pour captiver notre attention même avec le sujet de la santé. Il sera plus vendeur de nommer un reportage “le sucre tue” plutôt que “apprenez à mieux manger”. Au final, le contenu importe peu, ce qui compte c’est le clique, le like, l’action de regarder ce reportage ou de lire cet article plutôt que celui du concurrent. Bienvenue dans le monde de l’information frisson, où l’information n’est plus une priorité. 

Pourtant rien de ce que diront les médias ne sera faux, mais ce sera interprété d’une certaine manière, exposant un argument et en oubliant un autre. L’information est bridée, formatée. 

Bien courageux sont les médias tous publics essayant de ne pas tomber dans ces travers, essayant tant bien que mal de vulgariser les bonnes pratiques nutritionnelles et santé. Mais pas de scandale, pas de débat, pas de recette miracle = pas ou peu d’audience. Quelle belle époque vivons nous. 

Un coach dans la poche

C’est révolutionnaire, Steve Jobs n’avait que ces mots à la bouche pour présenter ses produits Apple. Et il est vrai que celui qui a le plus révolutionné nos vies est bien le téléphone portable, le smartphone. Véritables petits ordinateurs pouvant presque tout faire dans notre poche. Et avec ce formidable outil sont apparues les applications. Imaginez un livre de recettes contenant plus de 5000 recettes à portée de doigts. Imaginez un coach personnel qui vous dit comment manger et quels exercices faire dans votre prochaine séance de sport. Imaginez une application vous aidant à faire vos courses en repérant les bons et les mauvais aliments. C’est révolutionnaire ! Aujourd’hui tout cela est possible. C’est simple, rapide, pratique. Le quinté gagnant ! 

Prenons un exemple : Yuka ! 

Yuka par ci, Yuka par la, Yuka à la télévision, Yuka à la radio, Yuka sur le téléphone de votre meilleur ami. Tout le monde semble accro ! Et il n’est plus rare de croiser une ou deux personnes scanner ses aliments avec son téléphone en faisant ses courses. 

Mais Yuka c’est quoi ? Yuka c’est une application qui vise à scanner vos aliments et à les noter. Attention ici il n’est pas question de calories, de perte de poids ou autre. Non non la cause de Yuka est bien plus noble : être en meilleure santé ! 

Il commence à me plaire ce Yuka ! 

Comment ça fonctionne ? Très simple, je scanne le code barre de l’aliment et Yuka nous indique sa fiche d’identité avec valeurs nutritionnelles, présence ou non d’additifs nocifs, etc. Magique ! 

Oui mais pas si vite. 

Yuka est un outil formidable rendant la lecture des étiquettes alimentaires tellement plus simple, cependant il y a quelques limites. 

Yuka doit être une aide, un compagnon dans le choix alimentaire mais il ne doit en aucun cas le dicter. Mangeons avec nos sens plutôt qu’avec notre téléphone. Encore une fois, dans la nature, les bons et les mauvais aliments n’existent pas, l’équilibre alimentaire repose sur une gestion des fréquences et quantités de TOUS les aliments, rien n’est interdit. Même ce qui est noté comme mauvais par Yuka. Il faudra juste en consommer moins. 

Et puis il y a toujours le risque de voir des accords, des rachats entre ces applications et des gros groupes industriels, ou Facebook ou d’autres lobbys. Imaginez que Facebook sache ce que vous consommez pour ensuite le revendre à un industriel pour qu’il puisse faire de la pub très ciblée à vos envies. Ce n’est pas vraiment comme cela que je perçois la liberté du choix alimentaire. 

Pour conclure 

Il n’est pas anodin de constater une baisse de la qualité moyenne de la santé des français en même temps que l’arrivée des réseaux sociaux tout puissants. Trop d’information tue l’information. Impossible de s’y retrouver. Même si nous bénéficions des meilleurs outils que l’histoire n’est jamais connue, c’est notre utilisation qui en fait un facteur aggravant de notre situation. Choisissons mieux nos sources d’informations, protégeons et encourageons les organismes qui font du bon travail. Agissons en pleine conscience lorsque nous faisons nos courses. Le bon sens doit rester maître et ne laissons pas la santé devenir un simple sujet de faits divers. 


christopher gabez