Tout savoir de l'aspartame, l'edulacorant star et contesté

L’aspartame, c’est la molécule annoncée comme magique a sa découverte puisqu’elle promettait de nous guérir du sucre. Utilisé comme édulcorant, l’aspartame a petit à petit envahi les rayons et est devenu la référence des produits « light ». Sans calories et avec un pouvoir sucrant plus fort que le sucre, l’aspartame a tout du produit miracle. En tant que substitut du sucre, l’aspartame stimule les papilles sur la langue de la même manière que le sucre. Il est utilisé dans une variété d’aliments, de boissons, desserts, bonbons, céréales pour petit déjeuner, chewingums et produits de contrôle du poids. Il est également utilisé comme édulcorant de table. Et pourtant c’est l’édulcorant le plus controversé du monde. Deux camps s’affrontent, les médecins qui dénoncent sa dangerosité pouvant entrainer des cancers, contre les industriels, lobbys et hautes autorités qui eux affirment que l’aspartame est sans danger sur le long terme. Qu’en est-il vraiment grâce à nos connaissances actuelles ?

Un peu d'histoire

La découverte de l’aspartame remonte aux années 1960, en 1965 lorsqu’un chimiste humecte son doigt pour tourner une page et a sa grande surprise y trouve un gout sucré alors qu’il venait de toucher un produit qui ne l’est pas en théorie. Ce n’est qu’une dizaine d’année plus tard que l’aspartame est mis sur le marché mais il sera vite retiré car ses effets sont mis en doutes suites a des études menées sur les animaux. Il fera son retour en 1981 et toujours en 1981, l'aspartame est autorisé par un comité commun d'experts de l'OMS et de l'Organisation pour l'agriculture et la nourriture. La même année, le comité scientifique pour les aliments humains (CSAH / SCF en anglais) de la Commission européenne approuve l'aspartame. L’aspartame fait son arrivée en France qu’en 1988 et sera codé E951.S’en suivra alors une période pendant les années 1990 ou l’aspartame sera adopté plus largement. En 2002, le comité scientifique de la Commission européenne confirme son avis sur l'innocuité de l'aspartame. La même année, l'Agence française de sécurité sanitaire (AFSSA) conclut dans un rapport : « La consommation d'aspartame chez l'homme, même dans des populations particulièrement exposées comme les enfants diabétiques, ne dépasse pas la dose journalière admissible (DJA), notamment en France ». Depuis l’aspartame et autres édulcorants sont retrouvés dans de nombreux produits aussi bien solides que liquides.

LE POUVOIR SUCRANT

L’aspartame a un pouvoir sucrant environ 200 fois plus élevé que le saccharose (valeur référence).

Prise de poids et obésité

Comme ce sera souvent le cas avec les études sur l’aspartame, les résultats ne font jamais unanimité. Certaines prouvent que l’aspartame a un effet orexigène et favorise l’obésité, d’autres montrent au contraire aucun lien. Des études sur les souris ont montré qu’une alimentation riche en aspartame, combinée avec une nourriture riche en graisses, conduisent à une prise de poids importante par rapport aux souris n'ayant pas d'apports en aspartame dans leur nourriture. Il a été montré aussi que le niveau en glucose dans le sang entre les repas chez les souris prenant de l'aspartame était plus important. La prise d'aspartame favoriserait par conséquent le diabète. Des études sur l'homme sont toutefois nécessaires.
Ensuite, selon une hypothèse logique, on a formulé que si l’aspartame avait une saveur sucrée, alors cela aura un impact sur la sécrétion d’insuline. Mais une sécrétion d’insuline sans augmentation du taux de sucre dans le sang conduirait à une hypoglycémie et donc à la sensation de faim. En toute logique l’utilisation d’édulcorant sur les personnes obèses aurait donc un effet inverse. Une étude israélienne publiée en septembre 2014 dans la revue Nature montre des effets diabétogènes des édulcorants. Cette étude montre l’interaction entre certaines bactéries intestinales et les composés chimiques des édulcorants, non absorbés par
l’intestin, qui crée une réaction inflammatoire induisant des troubles métaboliques comme l’intolérance au glucose et le diabète.

Malgré les débats et les histoires qui entourent l’aspartame, les données disponibles actuellement ne permettent pas de conclure d’un danger ou non de l’aspartame. Etant encore un produit relativement jeune, nous manquons sans doute de recul et de données sur le long terme de ses effets et il n’est pas impossible que l’ANSES revienne sur ses positions dans le futur. Néanmoins, le bon sens nous conseille de limiter au maximum la consommation de ces produits qui ne sont ni indispensables ni bénéfiques.