Surpoids, diabète, carences, malnutrition, maladies cardiovasculaires, la liste des troubles qui trouvent leur source dans notre alimentation est longue. Aujourd’hui le lien entre manger et notre santé n’est plus un secret pour personne. Ce que nous mangeons est comparable au carburant d’une voiture. Un carburant de basse qualité et inadapté détériorera petit à petit le fonctionnement de la voiture. Cela marche exactement de la même manière dans le corps humain. Mais aujourd’hui bien manger est devenu un véritable défi. Quels sont les barrières sur le chemin du bien manger ? et quelles sont les conséquences sur les dépenses et la santé des consommateurs ?


1. Les déterminants des choix alimentaires

Pourquoi choisissons-nous tel ou tel produit ? pourquoi préférons faire nos achats dans tel supermarché et pas un autre ? pourquoi suis t on tel ou tel régime ?

Nous vivons dans un monde où l’information est omniprésente a un point où l’on ne sait plus déterminer le vrai du faux. Pour bien comprendre les problèmes liés à l’alimentation de la population il est primordial de comprendre les facteurs qui nous font décider dans nos choix alimentaires.

Il parait évident que manger est synonyme de faim, par contre ce que nous donnons à notre corps ne dépend plus de ce besoin naturel, c’est alors qu’interviennent les facteurs déterminants nos choix.

La faim

Premier facteur de nos choix alimentaires, la faim est le signal naturel du corps pour nous faire comprendre qu’il a besoin d’énergie. Cette énergie, elle provient des aliments que nous mangeons. Les macro nutriments (glucides, lipides, protéines) contenus dans ces aliments pourront être utilisés par le corps comme source d’énergie. Si la faim est prononcée, il est préférable de se tourner vers des produits riches en macro nutriments toute fois en évitant les produits trop sucres ou gras.

L’aspect appétissant

Il est difficile parfois de résister à un beau dessert bien présenté même si cela n’est pas forcement raisonnable. Et cela s’explique par le fait que la nourriture dépasse le statut de source d’énergie et devient source de plaisir. Nos sens sont sollicités autour d’un aliment. Notre nez sent toutes les effluves qui s’en échappent et stimule notre envie de manger cet aliment. Notre vue aura le même rôle devant un met appétissant. Les produits gras et sucrés sont les plus doués pour faire craquer de par leur odeur ou leur aspect esthétique. Et bien sûr sans oublier le sens le plus important de notre alimentation, le gout. En effet le gout vous donnera l’envie de regouter un aliment ou non, c’est lui qui sera à la source de ce sentiment de plaisir lie à l’alimentation. Une sorte d’addiction a des produits très appréciés tels que les produits sucres peut survenir car leur impact est immédiat sur notre humeur.

Le cout

Facteur déterminant, le cout d’un aliment est bien souvent décisif dans l’achat ou non d’un aliment. Ce facteur découle du revenu de la personne. Il a été démontré qu’une personne à faible revenu se dirige en priorité vers les produits économiques, de qualité inférieure, a tendance à ne pas consommer assez de fruits et légumes frais. Le revenu n’est pas forcément synonyme de meilleure alimentation mais l’accès à une plus grande gamme est meilleur si le revenu augmente.

L’accessibilité aux commerces

L’importance de la situation géographique est parfois oubliée. Vivre en ville ou en campagne ne vous donnera pas accès avec la même facilité aux différents points d’achats. Si un magasin ou les produits sont de meilleures qualités mais demande plus d’effort pour s’y rendre, il ne sera pas forcement le choix prioritaire d’une personne. En campagne il peut arriver que le seul magasin proche soit sous alimente et limite dans sa gamme ce qui pénalise automatiquement les consommateurs.

L’éducation et la connaissance des aliments

Il a été prouvé une relation entre niveau d’éducation et habitudes alimentaires. Selon ces études plus le niveau d’éducation est faible, plus il y a de risques de retrouver de mauvaises habitudes alimentaires. Aussi les gens conscients du rôle de l’alimentation sur la santé sont les plus à même de changer et d’améliorer leurs habitudes.

Influence de la classe sociale

Un peu en parallèle des revenus, la classe sociale a son impact sur les habitudes en termes de nutrition. Les classes sociales les plus défavorisées sont les plus touchées par l’obésité et la malnutrition. Alors que les classes les plus riches à l’inverse, étant donne une meilleure accessibilité aux différents produits, sont les classes ou l’espérance de vie et ou la santé sont les meilleures remarquées.

Influences culturelles

Les traditions au niveau local ou nationales déterminent en grande partie nos choix alimentaires. Cela est prouvée par les différentes spécialités que l’on retrouve à travers le monde qui s’expliquent aussi par la présence de certaines ressources ou elles ne le sont pas ailleurs.

Habitudes autour du repas

Manger chez soi en famille ou manger seul à l’extérieur ne nous fera pas choisir le même type de produits. Manger à l’extérieur seul multiplie le risque de vouloir aller à la facilite et se tourner vers un produit préparé pas forcement sain. Aussi viens la question du grignotage. Le grignotage est souvent lié à des produits sucres ou gras ce qui a long terme peut avoir de fortes conséquences sur notre santé. Viens aussi la notion de temps accordé à chaque repas, une personne n’ayant que très peu de temps pour manger ira à la facilité et choisira des produits pratiques en délaissant le coté qualitatif.

L’humeur

Le stress va fatiguer le corps, qui dit fatigue dit besoin en énergie. Et la tentation de se tourner vers les produits sucres devient dure à tenir. Le stress peut aussi tourner vers une alimentation compulsives et abusives qui aura un effet néfaste sur le corps. A l’inverse le stress peut aussi être à l’origine de sous nutrition chez certaines personnes. La fatigue et la colère peut pousser à une consommation compulsive également. En terme général un état négatif psychologique aura un impact négatif sur le choix de notre alimentation, alors qu’un état d’esprit positif est souvent lié à une alimentation saine.

Les troubles alimentaires

Les allergies ou les intolérances au gluten ou au lactose par exemple nous fons consommer d’une manière totalement différente. On cherche une gamme de produit adaptée à sa situation.  Des troubles plus pousses tel que l’anorexie ou la boulimie va aussi impacter la manière de s’alimenter de l’individu.

Les croyances des consommateurs

Ici on peut en vouloir à des années de marketing de la part des grandes entreprises de l’agroalimentaires.  Le consommateur est littéralement perdu sous ce flux d’information massif. Chaque marque joue de ses plus beaux artifices pour nous séduire. Beau packaging, campagnes marketing mémorable, allégations de santé plus ou moins douteuses. Tous les moyens sont bons pour nous faire consommer. Le fait étant qu’aujourd’hui une désinformation et mal information massive est repérée sur le sujet de l’alimentation. La consommation d’un produit ne se fait plus pour son intérêt santé, mais parce que il est lié à une idée reçu ou une campagne marketing réussie.


2. Relation prix et qualité

Pour une grande partie de la population le budget que représente chaque mois l’alimentaire peut être une source d’inquiétude, étudiants, pop défavorisé…

Le régime d’un adulte bien nourrit doit comprendre environ 2 500 kcal/jour. Pourtant certaines personnes ne peuvent pas se permettre d’ingérer ces 2 500kcal/jour, à cause de la valeur des produits alimentaires qui aujourd’hui doit être prise comme un réel budget chaque mois pour les personnes ayant un faible revenu ou autre.

L’exemple de la baguette de pain acheté en boulangerie est souvent repris par les médiats pour montrer l’inflation des prix : en 2000 la baquette était à environ 0.62€ alors qu’en 2010 elle était à 0.82€ et encore plus aujourd’hui en 2016, 0.85€ la baguette.

Selon l’INSEE (Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques), l’alimentation représenterai 16.70% des dépenses des ménages français. Cet organisme a fait des études entre 1960 et 2014 montrant que c’était la viande, les fruits et légumes et le pain et les céréales qui diminuent peu à peu des listes de courses. 

Est-il possible de rester en bonne santé quand on a un petit budget ?

Oui il est possible de bien s’alimenter avec un petit budget cependant cela peut demander de l’envie de passer du temps dans les supermarchés pour choisir ces produits de saisons et en cuisine.

Le fait maison vs plats préparés transformés

Tout d’abord il est préférable de « faire maison », ça prendra plus de temps, mais ça sera meilleur ! La solution est de prévoir ces menus à l’avance, acheter les doses prévues pour éviter le gaspillage et les dépenses superflus.  Un moyen de faire des économies et aussi de prévoir des repas en grande quantité pour acheter les aliments aux kilos (attention aux fausses promos), ce qui permet de congeler les préparations avoir un gain de temps la semaine. Et éviter la formule boisson + sandwich + dessert à 8€ qui n’est pas rassasiante et pas saine.

Ensuite les aliments à éviter sont ceux qui ont été transformé, car pour avoir un bas prix les fabriquant préfère utiliser des matières premières de moins bonne qualité et où l’origine des aliments n’est pas toujours affichée. Ici on ne parle pas seulement des plats préparés mais aussi des charcuteries si le sel se trouve en première ou deuxième position sur la liste des ingrédients, tout comme pour les biscuits si le sucre figure en premier sur la liste méfiance.

Les aliments sains à prix malin

Pour manger bon il est recommandé de préparer des menus à partir d’aliments économiques reconnus pour leurs qualités nutritionnelles :

  •  Acheter des fruits et légumes de saison, ils seront plus rentables et savoureux que les produits hors saison. Regarder l’origine des produits frais pour savoir s’ils le sont encore vraiment. Il est meilleur d’acheter des produits en conserve ou surgelés car ils auront perdu moins de minéraux et vitamines de plus ils se conservent plus longtemps et sont prêt à l’emploi.
  •   Favoriser les laitages nature aux crèmes désert, ou aux entremets. Non seulement les laitages natures seront moins chers mais en plus il est possible de l’agrémenter d’une cuillère de confiture, de sucre, ou copeau de chocolat.

Le hard discount peut être une bonne alternative pour une qualité et petit prix ?

Le hard-discount a vu une hausse de sa fréquentation depuis 2006, où 60% des ménages allaient au moins une fois par mois faire leurs courses dans un hard-discount. Le hard-discount est intéressant pour les petits budgets car en moyenne les produits y sont vendus 20 à 30 % moins chers que dans les GSA (Grande Surface Alimentaire). Ils ont tous une même politique qui sont de privilégier une logistique minimale, frais de pub et transport restreints, salaires et marges plus faibles.

 Aujourd’hui plus de 40% des magasins de la grande distribution sont des hard-discount : Lidl, Aldi, Neto, Simply market, Leader Price.

Le hard-discount a souvent mauvaise réputation : trop gras, sucré, salé, calorique. Ce préjugé n’est pas vrai pour tous les produits, certains sont très bons pour la santé à un prix défiant toutes concurrences.

Quels aliments choisir dans les hard-discount ?

Pour faire des économies sur votre panier de courses, il est possible de la couper en deux et d’acheter les aliments les moins transformés dans les hard-discounts. C’est-à-dire tous les produits bruts comme la farine, le riz, les pâtes, les fruits/légumes, le chocolat, les yaourts natures. Et notamment pour l’épicerie :

-          Le curry est presque 3 fois moins cher 

-          Le chocolat 74% de cacao à 40 centimes la plaque de 100g contre 2€ la marque

-          Le café est 2.5 fois moins cher

Ils auront une qualité égale à celle de produits de marques mais un cout moindre.


3. Aliments petits budgets

Depuis plusieurs années la population pense qu’il est difficile de lier une alimentation équilibrée avec le plaisir de manger, les contraintes de temps et surtout de prix…

Il est vrai qu’avoir une alimentation équilibrer requière certaines connaissances que l’on peut entendre à la télé venant du PNNS (plan national nutrition santé) comme :

  • Manger 5 fruits et légumes par jour
  • Manger 3 produits laitiers par jour

Mais il est également important de les mettre en pratique ; et cela commence dès le moment du choix des aliments, de leurs achats et préparations.

Le plus grand enjeu maintenant est de réussir à allier le caractère nutritionnel et économique pour un petit budget alimentaire ceci peut être difficile. Cependant il ne suffit pas de dire à une personne en situation de précarité qu’il est préférable pour sa santé de manger des fruits et légumes à la place des biscuits que celle-ci changera sa façon de s’alimenter.

Selon une étude faite par opticourse.org les personnes dans le besoin recherchent surtout la notion de plaisir en mangeant et ils la retrouvent essentiellement dans les produits sucré, gras et moins dans les fruits. Cet organisme a fait une étude montrant qu’il est aussi important de regarder le prix en €/1000kcal que celui en €/kg.

Donc comme nous pouvons observer sur ce tableau, les chips et biscuits sur plus cher au kg mais bien moins cher en kcal. Cependant se ne sont pas les chips et biscuit qui permettent un individu d’être rassasier et de couvrir sa part des apports nutritionnel conseillé (ANC) sur une journée.

Aliments moins chers

Comme a été dit quand la partie « Relation prix et qualité », le hard-discount n’est pas mauvais, il est même impensable de faire sans pour les personnes à budget réduit. En effet le prix n’est pas toujours révélateur de la qualité nutritionnelle mais aussi organoleptique du produit. De plus dans les magasins hard-discount le choix du produit est limité, ce qui permet de ne pas être tenté par toutes les différentes marques de biscuits par exemple.

Ensuite il est préférable de consommer les fruits et légumes de saisons qui seront moins cher que ceux hors saison. Sinon un recourt au surgelé et au conserve peut être une bonne initiative sachant que les vitamines et minéraux ne sont pas complétement disparus.

Enfin lorsque la viande ou le poisson est trop cher, que les prix gonflent car la demande est trop importante, il est possible de supprimer les protéines animales en les remplaçant par des protéines végétales et les associer astucieusement !

Si l’on ne mange plus de viande on enlève de notre alimentation les protéines animales mais également le fer…

On retrouve les protéines végétales dans les :

-          Céréales (blé, avoine, maïs) et leurs dérivés (pains, pâtes)

-          Légumes secs (haricot secs, pois chiches)

Il sera préférable d’associer ¼ de légumineuses avec ¾ de céréales.

Les associations les plus connus sont les salades de lentilles (lentilles + pain) ou encore le couscous (semoule + pois chiches)


4. Le défi du menu à 3,50€

Après des années d’études, le gouvernement est parvenu à une conclusion. Le budget par personne par jour pour s’alimenter et répondre à tous ces besoins ne doit pas excéder 3,50€. Comment faire pour arriver à tenir ce véritable défi ?

Aujourd’hui le malheureux constat de notre société est que les personnes à faible budget sont victime d’une pauvreté dans la diversité de la gamme de produits « sains ». Comme expliqué auparavant, il ne peut y avoir de miracle entre prix et qualité nutritionnelle. Les produits frais sont délaissés pour laisser place à des produits bon marches et préparés. Cependant ce défi n’est pas mission impossible, néanmoins il nécessite entrainement et une bonne connaissance des aliments.

Si l’on veut respecter les recommandations nutritionnelles, on ne peut délaisser certains produits, mais on remarque trop souvent que des produits intéressant qualitativement sont aussi les plus chers et donc les premiers rayés de la liste de course. Il faut alors être prêt à être créatif et aller chercher en dehors de nos habitudes alimentaires. Les produits végétaux tels que les légumes secs doivent faire parti de vos choix prioritaires. Peu chers et riches nutritivement, ces aliments vont servir de base. Aussi autre point qui peut être faire flamber un budget, la viande doit devenir un point à surveiller. Les portions doivent être adéquates et éviter tout superflu et se tourner vers des viandes bas prix comme la volaille ou les œufs. Faire l’effort sur l’achat de poissons de temps à autres pour compléter son besoin en bonnes graisses ainsi que des abats pour leur apport en fer. Evidement il devient nécessaire de restreindre les produits sucres inintéressant nutritivement. Privilégier les aliments complets et qui se conservent durablement, les yaourts plutôt que les fromages et les huiles végétales plutôt que les graisses animales pour la cuisson.

Bien que difficile et contraignant, ce défi n’est pas irréalisable mais l’on doit faire l’impasse sur un apport optimal de tous les nutriments nécessaires. Mais aujourd’hui, conscient de cette problématique d’autres solutions voient le jour.

De nombreuses solutions sont à l’essai et la plus économique à ce jour viens dans l’alimentation en poudre. L’alimentation en poudre s’est démocratisée ces dernières années notamment chez les sportifs car pratique et économique. Ce principe a été repris pour créer une poudre contenant tous les macro, micro et oligo éléments nécessaires non seulement à la survie mais également à la bonne santé d’un individu. C’est le pari qu’a réussi la compagnie « soylent », précurseur de cette tendance et vise son application dans le domaine caritatif afin de lutter contre la faim dans le monde. Le cout estimé pour un repas équivalent à 500kcal est dérisoire compare à si on cherchait à avoir 500kcal de nourriture solide avec les mêmes valeurs nutritives. Aucun effet néfaste n’a été prouvé sur la santé et cette solution est prise comme une réelle alternative au problème de là sous et malnutrition. Le seul bémol de cette solution vient sur le plan psychologique, boire un shaker n’est pas le même ressenti et même plaisir que de manger un vrai repas solide autour d’une table en famille. Aussi, bien que cette solution puisse être finalement considéré comme une solution dans certains cas extrême, elle a du mal à s’imposer auprès des organismes responsables contre la lutte de la malnutrition et sous nutrition. Mais c’est aucun doute un grand pas dans la lutte contre ces problèmes.

Aujourd’hui le budget est une véritable entrave à notre santé et pouvoir s’alimenter correctement à bas prix est une lutte de tous les jours. Mais comme on l’a vu, un peu de rigueur et de créativité et ce défi devient réalisable d’autant plus avec l’aide de nouveaux acteurs tels que soylent qui aujourd’hui viennent briser cette entrave et aider à lutter contre nos mauvaises habitudes alimentaires.

Conclusion

Bien manger restera une question fondamentale dans la tête de tout individu. Même si les tendances changent et de nouveaux acteurs entrent en jeu. Bien manger reste possible et cela même avec un faible budget. Il sera important de connaitre ce qui nous fait acheter, bien comprendre l’intérêt des produits et être curieux vis-à-vis des solutions existantes pour pouvoir manger à faible cout. L’hyper présence de la cuisine que cela soit dans les magazines santé, les émissions TV, ou sur internet, prouve que les consommateurs ont envie de mieux manger, maintenant à chacun de donner les bonnes informations et de permettre à tout le monde de pouvoir entretenir sa santé en mangeant a faible cout.