« J’ai faim ! » Une phrase que l’on entend ou prononce à longueur de journée. Mais d’où provient cette sensation ? Pourquoi avons-nous faim ? quels en sont les mécanismes ?

  • Définition :

La faim désigne la sensation, apparaissant après un certain temps sans manger, qui pousse un être vivant à rechercher de la nourriture.

  • L’origine de la faim :

Le chef d’orchestre : le cerveau

 La partie de l’organisme qui contrôle la faim, c’est l’hypothalamus. Il s’agit d’une zone particulière, située en plein cœur du cerveau. Cet « ordinateur » composé de plusieurs régions distinctes, va recevoir tous les signaux relatifs à l’envie de manger et la satiété, pour les intégrer et décider de notre appétit. Plusieurs neuromédiateurs interviennent au cœur de l’hypothalamus : sérotonine, neuropeptide Y, CRH, galantine. Ceux-ci sont impliqués dans la prise alimentaire mais aussi dans la dépense énergétique.

Plusieurs facteurs vont agir sur l’hypothalamus pour moduler la sensation de faim :

  • Le conditionnement : suivant que l’on aime ou non l’aliment ;
  • Les facteurs psychoaffectifs (humeur…) ;
  • Les facteurs cognitifs : si on décide de manger ou non ;
  • Les acteurs sociaux et familiaux.

La faim peut être classée en deux catégories : la faim physiologique et la faim psychologique

  • Faim physiologique :

C’est la faim régulée naturellement par les nombreux signaux que le corps envoie au cerveau pour le prévenir d’une baisse de la réserve d’énergie. Notre organisme consomme en permanence des ressources diverses pour pouvoir fonctionner sans problèmes. Malheureusement, nos stocks en ressources ne sont pas infinis et bientôt il y a un manque et un besoin qui se crée.

Ce signal est le résultat d’un ensemble de mécanismes, dont le plus connu est la diminution du taux de glucose dans le sang : ce message est compris par des récepteurs du système digestif. Cela passe par des sensations physiques qui vont s’accroître avec la faim : de simples gargouillis, on passe progressivement à une impression de tiraillements, puis de crampes au niveau de l’estomac, ensuite à des sensations de moins en moins agréables, baisse de concentration, sensation de faiblesse (la fameuse « hypoglycémie »), … Cette faim survient en général quelques heures après le dernier repas. Cependant un facteur peut fausser ce processus naturel : l’index glycémique. Chaque aliment possède un index glycémique indiquant sa capacité à faire varier notre glycémie (taux de glucose dans le sang). Plus cet index sera haut, plus la glycémie sera impactée fortement créant un pic de glycémie. Le corps possédant des mécanismes de contrôles perfectionnés va essayer grâce à l’insuline de ramener la glycémie a un seuil « normal ». Mais le pic de glycémie créé entraine également un pic brutal d’insuline qui peut créer une hypoglycémie réactionnelle et qui dit hypoglycémie dit sensation de faim et ce même peu de temps après le repas. Il est donc important de veiller à ne pas manger d’aliments trop hauts en index glycémique. Veillez donc à privilégier les aliments « complets » et bruts, crus ou cuit à la vapeur, de composer vos assiettes avec des légumes et une petite source de bon lipides (huiles végétales).

  • La faim psychologique :

Quand on a faim, on a envie de manger, mais quand on a envie de manger, on n’a pas forcément faim !

Totalement psychologique, cette faim se manifeste différemment de la première.  Elle ne provoque pas de manifestations physiques comme les gargouillis ou les crampes d’estomac. L’envie de manger peut correspondre à une habitude (c’est l’heure du repas) ou à un besoin émotif, lui-même provoqué par des causes variées : l’ennui, le « vide » affectif, des émotions négatives (stress, colère, tristesse, angoisse, …) ou positives (la joie de se retrouver entre amis) ou simplement la stimulation de nos sens (l’odeur des viennoiseries quand on passe devant la boulangerie, ou la vue d’une belle barre chocolatée …). Bien que manger est fait pour se faire plaisir, céder à la tentation se doit d’être occasionnel. Car manger sans avoir réellement faim au sens physiologique, c’est manger sans en avoir besoin. Et lorsque que l’on amène au corps quelque chose dont il n’a pas besoin immédiatement, il le stock sous forme de graisse en règle générale. Ces dérives peuvent avoir un impact assez significatif sur la prise de poids d’une personne, à contrôler donc.

  • Rassasiement et satiété :

Lorsque l’on mange, arrive petit à petit une impression de satiété : « j’ai assez mangé », c’est la satiété. Celle-ci sera suivie d’une période de rassasiement, qui explique que nous n’avons pas faim pendant quelques heures.

Ces mécanismes sont déclenchés par de nombreux signaux, particulièrement en provenance de tout le système digestif. En fait, dès que l’on commence à prendre une bouchée, le goût et l’odeur des aliments, par l’intermédiaire d’influx nerveux, vont commencer à agir sur notre cerveau et mettre en place la satiété. Puis l’estomac envoie également des signaux chimiques et nerveux. Ainsi, la distension des parois gastriques entraîne l’émission d’un signal au cerveau. Le foie et le pancréas induisent aussi le rassasiement. Au niveau de l’intestin, la présence de nutriments et des actions mécaniques vont également déclencher des influx nerveux.

La faim est donc un mécanisme assez complexe et complet, la comprendre est indispensable pour éviter les erreurs liées à la faim psychologique et la faim liée à une mauvaise gestion de la glycémie.

Notre corps est bien fait faisons lui confiance. Écoutez-le, répondez à ses besoins et vous verrez, il vous en remerciera. « Manger un peu de tout » c’est répondre aux besoins tant affectifs que physiologiques pour être bien dans sa tête et son corps et garder l’équilibre.